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LES DIX PRINCIPAUX MYTHES DE LA TECHNIQUE ALEXANDER (French)

Bonjour, je m’appelle Bruce Fertman. Je suis le directeur fondateur de l’Alexander Alliance International.  Voici dix mythes sur la technique Alexander que beaucoup de gens croient vrais.  Après 50 ans d’études assidues et après avoir formé 300 enseignants, j’ai réalisé que ces idées ne sont pas vraies.

Un.

La Technique Alexander est une question de posture. C’est un mythe.

La réalité: La Technique Alexander consiste à se défaire des postures. Le problème, c’est que nous prenons continuellement des postures, et ce, le plus souvent inconsciemment. La Technique Alexander consiste à devenir une personne sans posture, c’est-à-dire non-figée, non-fixée, flexible, mobile, non seulement physiquement, mais en tant que personne en général.

 

Photo: B. Fertman – Trevi Fountain

 

Deux.

La Technique Alexander est une technique pour se tenir droit. C’est un mythe.

La réalité: La Technique Alexander n’a rien à voir avec le fait de se tenir droit.  Il n’y a pas une seule ligne droite dans le corps, ni dans l’univers d’ailleurs. La Technique Alexander n’a rien à voir avec le fait de faire quelque chose bien ou correctement. Il s’agit de faire ce que nous faisons, de manière efficace, effective, fluide, confortable et agréable.

 

Photo by: Anchan of B. Fertman

 

Trois.

La Technique Alexander porte son attention sur la façon dont nous tenons la tête sur notre cou. C’est un mythe.

La réalité. La Technique Alexander consiste à arrêter de tenir la tête sur notre cou. Il s’agit plutôt de ne plus interférer avec les mécanismes d’équilibre inhérents qui le font pour nous.

 

Photo: B. Fertman – Sherry Stephenson

 

Quatre.

La Technique Alexander concerne uniquement le corps. C’est un mythe.

La réalité. La Technique Alexander nous concerne, elle concerne notre relation à nous-mêmes, aux autres et au monde qui nous entoure. C’est la qualité de nos actions, de nos interactions et de notre experience qui comptent. Il s’agit de la qualité de qui nous sommes au moment de faire ce que nous faisons.

 

Photo: B. Fertman

 

Cinq.

La Technique Alexander consiste à devenir plus symétrique parce que la symétrie est équilibrée. C’est un mythe.

La réalité. Rien dans la nature n’est parfaitement symétrique, y compris les humains. La symétrie est un concept, comme un point, ou une ligne sont un concept. Le Bouddha peut sembler symétrique lorsqu’il est assis paisiblement sur une fleur de lotus, mais si on regarde de plus près, on voit un pied sur l’autre, et une main sur l’autre. Regardez attentivement le visage de n’importe quelle personne et vous ne trouverez aucune symétrie parfaite. Nous recherchons l’harmonie, pas la symétrie, et l’harmonie n’est à aucun moment liée à la forme de notre corps.

 

Photo: B. Fertman

 

Six.

La Technique Alexander est une question d’équilibre. C’est un mythe.

La réalité. L’équilibre pour les humains est impossible. Nous sommes intrinsèquement en déséquilibre, et c’est ce qui favorise le mouvement. Nous tendons et nous nous éloignons de l’équilibre. C’est une bonne chose. Lorsque le vent souffle, les vagues sont générées à la surface d’un étang. Quand le vent s’arrête, ces vagues diminuent, approchent mais n’atteignent jamais l’immobilité. Le calme est un concept, un beau concept, mais dans le calme se trouve toujours du mouvement, aussi subtil soit-il.

 

Lucia Walker: Alexander teacher, Johannesburg, South Africa

 

Sept.

La Technique Alexander nous apprend à respirer correctement.  C’est un mythe.

La réalité. Nous ne respirons pas activement. Alexander a dit un jour : “Enfin, j’observe que quand je ne respire pas activement, je respire.” Je le dirais ainsi: Enfin, je ressens que quand je ne respire pas activement, je suis la respiration. Nous recevons notre souffle par des forces qui se trouvent au plus profond de nous et tout autour de nous. Est-ce que nous prenons une respiration quand nous dormons ? Est-ce que nous respirons activement en mangeant ? Oui, nous disons que nous prenons une respiration. Mais la respiration n’est pas à prendre. Elle ne nous appartient pas. Le souffle est un cadeau du monde. Il est destiné à être reçu. La respiration est sensible. Elle répond à l’activité. Ce n’est pas quelque chose que nous faisons volontairement; ce n’est pas une activité, comme courir sur la pente d’une colline. Lorsque nous voulons courir, est-ce que nous nous arrêtons d’abord pour prendre assez d’air, puis seulement grimpons la colline ? Ou bien, lorsque nous courons, notre respiration ne répond-elle pas automatiquement et fidèlement à nos intentions, sans même que nous ayons à le demander?

 

 

Huit.

La Technique Alexander, c’est apprendre à se tenir debout, à se tenir sur ses deux pieds. C’est un mythe.

La réalité. Nous ne nous tenons pas sur nos deux pieds. Nous tenons debout sur le sol.

 

 

Neuf.

La Technique Alexander, c’est apprendre à se détendre. C’est un mythe.

La réalité. La Technique Alexander nous montre comment se preparer. La Technique Alexander c’est n’être prêt à rien de particulier, tout en étant prêt à faire face à tout ce qui pourrait arriver. La Technique Alexander consiste à revenir sans effort, encore et toujours, à un état de vigilance calme et paisible.

 

Photo: Anchan – Alexander teacher: Britta Brandt-Jacobs

 

Dix.

La Technique Alexander s’occupe d’une bonne mécanique corporelle; apprendre la meilleure façon de se lever ou de s’asseoir sur une chaise, comment marcher correctement, comment se pencher sans se faire mal, etc. C’est un mythe.

La réalité. Les êtres humains ne sont pas mécaniques.  Nous ne sommes pas des machines. Nous sommes des êtres vivants.  Nous sommes des mammifères. La Technique Alexander consiste à apprendre comment nous sommes le mieux conçus pour fonctionner en tant qu’Homo Sapiens.  La Technique Alexander remet ainsi partiellement en question les concepts liés à la culture, au genre, et à l’esthétique du corps, qui interfèrent avec le fonctionnement et la beauté de notre nature.

 

 

N’hésitez pas à partager cet article. Pour comprendre ces idées plus profondément, je vous encourage à lire,

Teaching by Hand/Learning by Heart – Delving into the Work of F.M. Alexander,

un livre que j’ai écrit, publié par Jean Fischer chez Mouritz Press.

 

Bruce Fertman

The Alexander Alliance Europe

bf@brucefertman.com

 

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